Revendications : un mouvement de grève prévu pour les 27 et 28 février

Réunis sous la bannière du Nouveau Collectif des Enseignants Indignés du Cameroun (NCEIC), les enseignants du Cameroun ont lancé un mot d’ordre de grève pour les 27 et 28 février 2018, dans le but de protester contre les mauvaises conditions de travail notamment au niveau de la prise en charge des fonctionnaires du ministère des enseignements secondaires (MINESEC).

Mauvaises conditions de travail

Au Cameroun, les enseignants font partie des corps les plus négligés par les autorités. En plus du fait que la grande majorité des établissements publics soient démunis en terme d’infrastructures et de personnel, ce qui complique la tâche à ces derniers, il arrive très souvent que ceux-ci soient affectés et pour ainsi dire oubliés, car fonctionnant sans salaire ni aucune prise en charge d’aucune sorte pour certains.

Il n’est donc pas rare de rencontrer des enseignant qui ont déjà passé trois, quatre, cinq ans sur le terrain sans jamais avoir reçu le moindre centime. C’est la principale raison qui est à l’origine du mouvement prévu ces 27 et 28 février et qui, faut-il le rappeler, n’est pas le premier du genre.

L’autre revendication du NCEIC, c’est la mise en application du statut particulier de l’enseignant, décret signé le 05 décembre 2000 qui dort depuis des décennies dans les tiroirs poussiéreux de la présidence, en attendant que soit signé son décret d’application.

Promesses non tenues

On se souvient qu’en mars 2017, le 27 pour être exact, un mouvement similaire avait vu le jour, cette fois-là mené par un autre groupe d’enseignants, le Collectif des Enseignants Indignés du Cameroun (CEIC). Après plusieurs concertations avec les ministres des Enseignements Secondaires, de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative (MINFOPRA) et des Finances (MINFI), des actions ont été entreprises et des promesses faites aux enseignants qui ont accepté de rejoindre leurs postes d’affectation.

Près d’un an plus tard, des milliers d’enseignants ont été pris en charge suite au mouvement du CEIC. Mais ce n’est pas assez, car tout montre que le nombre d’enseignants vivant encore dans la précarité reste très important. En réalité, les promesses faites lors des différentes réunions avec les ministres n’ont pas été tenues. Il était par exemple question que tous les prises en charge des enseignants sortis des Écoles Normales Supérieures (ENS) entre 2012 et 2015 soient effectives, ce qui n’est pas le cas.

Ce sont ces manquements dans l’exécution des résolutions des concertations entre le CEIC, et les autres ministères concernés par ce problème qui ont conduit d’abord à la création du NCEIC, et ensuite à la grève qui est prévue pour demain, 27 février 2018.

Divisions

Le mouvement qui sera lancé demain par le NCEIC, est né des promesses non tenues par les ministres, mais pas seulement. Après quelques mois d’attente, des rumeurs ont commencé à circuler, accusant les leaders du mouvement du 27 mars 2017 d’avoir été corrompus par les autorités. Acculés, ces derniers ont parfois été obligés de se défendre avec les moyens qu’ils avaient (par exemple en bloquant certains des groupes facebook ou en les expulsant des groupes WhatsApp), ce qui a achevé de conforter certains dans l’idée que le CEIC roulait désormais pour le MINESEC.

Le NCEIC a donc été mis sur pied et après avoir notifié le MINESEC de l’intention de faire grève, a été reçu par ce dernier pour essayer de désamorcer le mouvement de protestation, à coup de promesses plus ou moins vagues. En vain. Toujours est-il que les leaders du CEIC, qui estiment que les réclamations du NCEIC sont les mêmes que les leurs et sont donc en cours de résolution, se sont clairement prononcés contre le mouvement du 27 février dont ils ne voient pas le bien fondé.

Cependant, plusieurs enseignants ont d’ores et déjà annoncé leur présence à Yaoundé pour revendiquer. De même, une demande d’autorisation de manifester a été adressée aux autorités administratives de la ville de Yaoundé accompagnées d’une demande d’encadrement sécuritaire adressée au Ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense (MINDEF), ce qui laisse entendre que le NCEIC est déterminé à aller jusqu’au bout de son mouvement.

Cinq mille enseignant attendus

Selon les estimations du NCEIC, c’est 5.000 enseignants qui viendront battre le pavé demain selon un itinéraire bien déterminé. Espérons que les revendications seront prises en compte pour que les heures de cours ne soient plus utilisées à protester, mais plutôt exploitées pour dispenser le savoir aux apprenants dans des conditions optimales.

Photo d’illustration: facebook (groupe du CEIC)

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